Cayestilestlà.
Je savais que je pouvais me fier à mon instinct, des fois. Il était moins une.
Il y a quatre mois environ, je reçois un mail complètement inattendu de Ye Olde Records, du style ils avaient collecté TOUTES les adresses tombées dans leur boîte depuis le début de leur existence et leur avaient toutes écrit. Le label de Juliana Hatfield (c’est-à-dire, elle-même, si l’on suit son histoire et si elle suit son principe “un artiste, un label” qu’elle pratique du fond de sa maison en bois à Cambridge, MA) propose un site de donation pour financer son prochain album avant même qu’il n’existe. Super idée, mais je n’ai pas le temps de m’y attarder dans l’immédiat et je marque le mail en pensant m’y pencher plus tard.
Quatre mois plus tard, donc, au final. La VEILLE de la clôture des ventes bzw. l’anniversaire de la dame. En deux temps trois numéros de Visa, je commande le CD, un poster autographé (le bon pour une conversation Skype avec l’artiste était déjà vendu) et hop, tant qu’on y est, dans mon élan de mécénat moderne, je rajoute 8 dollars pour arrondir à 40-frais-de-port-inclus. Son profil présentait déjà 111 updates racontant chaque étape de la production, je me suis empressée de rattraper mon retard (et au moins j’étais sûre qu’il existait, l’oiseau).
L’article qui suit l’annonce du grand jour mentionne nonchalamment “tiens, ce système a tellement bien marché grâce à vous, ouonderfoule pipeule, que je pense déjà à l’opus suivant. Je ferais bien un album de reprises, lancez les titres que vous souhaiteriez voir y apparaître”.
J’étais déjà le 150e commentaire.
Comment vous dire ? C’est un peu comme Depeche Mode ou Elvis pour le Doux. Elle ne me décevra jamais. Bon, certains albums me parlent moins que d’autres. Mais le petit nouveau correspond particulièrement à ma disposition actuelle – comme l’était How To Walk Away qui était tombé à pic de chez pic. *£%/&§ J’ai envie de jurer &@#§. C’est toujours pareil quand les mots me manquent ; comme si la gent positive n’était pas assez forte et que la grossièreté était plus apte à atteindre le paroxysme de ce que je souhaitais exprimer (c’est bien connu, quelque chose “déchire”, “tue”, est “terrible” ou “pire” – en anglais et en allemand, wicked et krass. Et encore, ça ne suffit pas). Quant à “super, énorme, génialissime, sensationnel” ; non, non seulement ça sonne trop kawai mais surtout ça ne correspond pas à mon impression, car en soi, je sais que l’album n’épatera pas tout le monde et que la sublimité ne réside pas en l’elpee même, mais bien en l’effet qu’il produit sur moi, en ce qu’il me va jusqu’à la moelle. C’est notre connexion qui est extraordinaire, pas l’objet en lui-même, et c’est ça que je recherche avec mon pauvre vocabulaire d’arriérée verbale.
L’album était disponible dès aujourd’hui en téléchargement libre pour ceux qui avaient eu la bonté de pledge. Mon potentiel extatique a encore connu une bonne journée.
Juliana va bien. Elle est même en pleine forme. Si sa voix était aussi accomplie sur How To Walk Away et si la belle avait eu le temps de publier ses mémoires, elle n’a pas parachevé son double succès par des dédicaces et encore moins par une tournée, mais bien par un passage à l’hôpital pour cause de ce qui semble avoir été de l’anorexie (ceci n’a jamais été clairement annoncé dans ses écrits, mais elle a un jour refait surface pour expliquer, avec ses mots bourrés d’allusions involontaires, les raisons de son absence). Elle a fermé son blog. Elle est revenue avec un autre album deux ans plus tard, sur lequel les paroles de sa chanson “I’m disappearing” sont déchirantes (ou est-ce son timbre qui semble vibrer d’un “help !” sur chaque note ?). Pourtant, elle est loin du cliché de la starlette déchue tombée dans la drogue, le sexe et l’alcool, bien au contraire. Soit, elle dégage la même volonté humaine de vouloir être aimée pour ce qu’elle est, mais elle boit, mange et dort à peine, ne fume pas et ne prend rien d’autre qui soit plus jubilatif que du chocolat Lindt & Sprüngli. Comme si le monde était trop pour elle. Ses sens ont l’air exacerbés, et en plus elle lit pour dix.
There’s always another girl est plus rocky que ses deux prédécesseurs, mais comporte les mêmes harmonies vocales MAGNIFIQUES (alternative à la grossièreté : les majuscules) avec lesquelles la chanteuse s’amuse brillamment depuis Peace & Love. Le rock est loin de la limite des riot grrrls comme pouvait l’être Bed ou Juliana’s Pony: Total System Failure, mais porte les influences des, disons, cinq dernières années issues de la scène rock indé – et, qui le niera, elle a rarement été si prolifique.
Prochain espoir : qu’elle se produise enfin à nouveau autre part qu’à Boston et NY. Ses nouveaux titres ont un potentiel scénique évident, on espère qu’elle surmontera sa timidité.
Et moi qui voulait juste passer écrire deux lignes pour dire que j’étais contente, voilà que la spontanéité (et ma béatitude) aura eu raison de moi.
© Boston.com
Si vous passez au Cassiopeia, vous tomberez sur une fresque (à distinguer parmi la myriade de tags), la fresque Dasein réalisée par divers artistes, qu’Estelle Beauvais présente dans son film No Art No Street.
J’ai comme une envie viscérale de continuer l’aventure.
Maintenant que j’ai fini la saison 6 de HIMYM*, j’aimerais visionner toutes les vidéos sur TED, sur ARTE +7, sur Canal+, lire un Slate en entier, et un Technikart, écrire un roman, en traduire un autre, et rester en forme après 4h de sommeil.
C’est exactement le genre de pensées qui m’assaillent lorsque je reçois 4 traductions de plus que prévues. (Youpie !)
Ce matin, je suis allée me promener à vélo à Tempelhof avant de commencer ma journée ; je suis rentrée au gré de mes envies et ai découvert un nouvel aspect de Berlin (après bientôt cinq ans, je n’ai pas fini de sonder la ville). Sous la grisaille, des bâtiments extrêmement vilains, accolés à des vestiges du siècle dernier non rénovés, une vieille école et des maisons qui devaient auparavant appartenir au faubourg de la ville. Un coin de la capitale tellement laid qu’il en devient beau. Des rues plus étroites et de vrais vieux bars. Et puis toujours ce curieux sentiment qu’ “on est tout de même à l’Est”. Le ciel était chargé et j’ai bénéficié d’une sombre luminosité à couper le souffle ; heureusement que je m’y suis prise tôt car il drache depuis mon retour. Et j’aime ce temps, j’embrasse la pluie autant pour ces qualités atmosphériques et visuelles qu’acoustiques. Ca doit vraiment faire partie de mes racines du plat pays, ce ciel gris, il n’y a rien de plus réconfortant.
* Vous voulez connaître un de mes moments préféré de la saison (parmi beaucoup d’autres, mais celui-là m’a fait particulièrement marrer) ?
Pourquoi Berlin est une ville de jeunes cools encore ?
Ah oui, parce qu’on peut aller en kayak rouge picoler tranquillou sur des épaves en plein milieu de la Spree.
Et parce que la ville recèle de mémoriaux soviétiques qui font froid dans le dos :
ah oui et puis merci à Motor fm de passer de quoi se réveiller de bon poil le matin !
Bonne journée à tous ! Même (surtout !) si le ciel a la couleur de la mer du Nord en hiver !
Pour faire écho à l’article de Virgo (et mon commentaire), voici ma scène préférée du film Pretty in Pink.
Je suis en train de me refarcir toute la série des Star Wars aussi, et les deux Wall Street, mais tout a déjà été dit là-dessus.
Et sinon, plein de microprojets en tête. Rouler à vélo. Surtout la nuit. Boire des Alster. Écrire à ma grand-mère. S’acheter de la papeterie, des couleurs. Aimer et accueillir sa famille. Introduire un film au cinéma. Se rendre compte que mon jeune voisin a exactement la même voix que la mère de Howard Wolowitz lorsqu’il beugle. Rêver de maison en bois bohème avec son porche et sa rocking chair. Goûter aux insomnies.
Le Wired de mai dernier présentait un article extrêmement intéressant sur la stigamtisation de l’échec dans le business européen. À Sillicon Valley, les boîtes se créent et se défont à la même vitesse qu’il faut pour le dire. Si quelqu’un échoue, si une idée ne s’impose pas, le reste pensera “il fera mieux la prochaine fois”; le pure learning by doing, le fameux You Lose You Learn. En Europe, l’insuccès d’une entreprise mènera à cette ignominie qu’est la faillite et condamnera le perdant dans la catégorie de ceux qui ne savent rien faire de bon. En Californie, à moins d’une grosse erreur d’expertise, les réprouvés n’existent pas. Une chute signifie un rebondissement d’autant plus haut, et certainement pas déshonneur.
Hé bien ça m’a donné la pêche tout ça.
Je ne pense pas avoir jamais évoqué mes charmantes voisines qui occupent un appartement au rez-de-chaussée, pas même à mes amis IRL. Dans notre bâtiment, nous avons un salon de “massage thaï – et plus encore” ouvert 23h/24 (une heure de repos, tout de même) (mon frère renchérit : une heure pour se laver !). Je m’en suis rendue compte le jour où on avait dit oui pour l’appart’ : simplement en google-mappant notre adresse, j’étais tombée sur des photos d’asiatiques obèses en petite tenue. Le propriétaire a changé depuis quelques semaines, mon Doux a fait la connaissance des nouveaux occupant(e)s par leur fenêtre qui donne sur la cour alors qu’il rentrait son vélo. Les nouvelles recrues sont des travestis, et ont demandé au Doux d’où il venait. “I’m from France, and you?” “Estonia, Estonia”. Leur porte d’entrée affiche désormais “massage thai russe” et leur salut est à présent un petit rituel dès que le Doux attache son cadenas. (Vous devriez voir le Doux, vous comprendriez pourquoi il s’est fait accoster.)
Hé bien, je peux vous assurer que leur clientèle est aussi variée que celle d’un Ikea un samedi matin. Il n’y a pas que des gros moches. Il y a les métrosexuels qui sortent du solarium d’en face et n’ont qu’à traverser. Et aujourd’hui, j’ai vu des petits mecs prépubères sortir de là, et leur pote qui est tombé sur eux de l’autre côté de la rue s’est exclamé les yeux grands “Quoi ? Èèèèk, jamais d’la vie !”
Je ne sais pas comment je dois me sentir. Par flash, je me dis “eeekk, n’y pense pas, n’imagine pas ce qui se passe d’immoral trois étages plus bas” (de toutes façons il y a la famille à 10 enfants juste en-dessous de chez nous pour colmater tout éventuel son suspect). Je préfère penser “hé bien au moins y en a qui s’amusent, dans la maison du bonheur”. Il faut dire que la ville m’a appris beaucoup de choses, entre autres de po-si-ti-ver. Dans le genre, un mec complètement torché à trois heures de l’après-midi devant ma porte qui me dit “tu sais passer avec ton vélo ? Oh ch’ui un peu bourré, vas-y tu peux me rouler dessus” – haha, que c’est comique. Un peu comme le mec dans un même état qui pisse dans le coin de notre porte d’entrée et qui s’excuse quand je passe.
Mis à part les poivrots (ceux qui boivent avant 17h sur l’espace public – après cette heure, tant l’étudiante coincée que le mec en costard seront susceptibles d’être croisés une bière à la main), il y a un détail qui institue Berlin au-dessus de toutes les autres capitales : généralement, même si tu as le malheur d’être née avec un vagin, on te FOUT LA PAIX. Pas de “mad’moizelle mad’moizelle” à tous les coins de rue, ni même un regard oblique. Si une jument passe devant un groupe de jeunes étalons, elle sera au pire accueillie par un long silence tout au long de son passage – et sans un regard. Certains y verront de la couardise, alors que c’est un luxe inestimable et appréciable quand on a connu autre chose. Je ne suis d’ailleurs pas certaine de pouvoir un jour m’y refaire si j’en venais à quitter la ville.
de Herman Dune, pour ne pas dire que ses chansons folklo-simplistes m’énervent. Son dernier single passe toutes les heures sur Motor FM, qui m’a instantanément laissée de marbre. Mais pour la vidéo, mazette, il a tout compris.
Donnez-moi une raison de ne pas fondre littéralement.
J’en ai presque la larme à l’oeil tellement il est beau : le nouveau look de notre blog chéri. Deux photos par jour entre Paris et Berlin, juste pour le clin d’oeil.
Bon, voilà, je passais juste vous dire ça. Et que j’ai repris les chroniques musicales aussi, ça fait du bien. Quelqu’un a envie d’aller au cinoche avec moi ? Je n’y ai plus mis les pieds depuis des lustres, qu’est-ce qui passe de bien ?
J’ai juste regardé un Grey’s Anatomy sur ma pause de midi ; idéal pour vous couper l’appétit.







